En route pour l’Amazonie

La plus grande forêt du monde

L’Amazonie est une destination incontournable lorsqu’on s’intéresse à la biodiversité. Symbole de la fécondité et de la féminité, la forêt amazonienne recouvre 9 pays d’Amérique du Sud et héberge plus de 30 millions de personnes, elle produit plus de 20% de l’oxygène et de l’eau douce sur notre planète. La profusion de plantes médicinales représente la véritable richesse de la forêt amazonienne et non les arbres comme on pourrait l’imaginer.

Longtemps considérée comme obsolète par la science moderne, la connaissance des plantes des populations indigènes est maintenant largement accepté et respecté par la communauté scientifique. Toutes les grandes sociétés pharmaceutiques mènent des études en Amazonie et la majorité de nos médicaments dérivés de plantes actuelles ont été découverts par l’examen des médecines traditionnelles des autochtones qui vivaient là où les plantes poussent et fleurissent.

Dans ces archives naturelles, des médicaments comme la quinine, des relaxants musculaires, des stéroïdes comme la cortisone, des anticoagulants, antibiotiques, antiparasitaires et des médicaments contre le cancer sont détectés.
Saviez-vous que le “US National Cancer Institute” a identifié plus de 3 000 plantes actives contre les cellules cancéreuses et que 70 % de ces plantes viennent justement des forêts tropicales ?

Les bio-prospecteurs travaillent maintenant côte à côte avec les chamanes (guérisseurs) pour apprendre la richesse de leurs connaissances. C’est pourquoi, en matière de bioprospection, cette immense forêt fait l’objet de nombreuses convoitises, pas toujours éthiques (biopiraterie).


Iquitos, capitale de la culture chamanique

Iquitos, au Pérou, est la plus grande ville isolée du monde : on y accède uniquement par bateau ou par avion. Ici, on vit au ralenti sous un climat équatorial, les transports se font au rythme de l’eau. La nonchalance et l’oisiveté sont les principales attractions de cette ville magique. Visiter Iquitos, c’est comme faire un voyage dans le temps, à une époque sans Macdo ni télévision, le haut débit internet n’a toujours pas réussi à se frayer un chemin à travers la jungle. Seules quelques boutiques de téléphones portables nous rappellent que nous sommes en 2014.

À la fin du 19e siècle, Iquitos connait le boom du caoutchouc* et la démographie de la ville est en pleine croissance : En 1808, on rapporte qu’il y avait 171 habitants. Cent ans plus tard, la ville comptait environ 10.000 personnes. Entre 1900 et le début des années 2000, la population s’est multiplié par 50 ! Il y a aujourd’hui plus de 500.000 habitants à Iquitos.
*La fièvre du caoutchouc est un épisode important dans l’histoire des territoires amazoniens, comme le Brésil, la Bolivie, le Pérou, la Colombie et l’Équateur. L’arrivée des colonisateurs à la recherche du précieux caoutchouc causa un choc culturel avec les indigènes qui dans la plupart des cas déboucha sur la torture, l’esclavage et les massacres. Elle connut son apogée entre 1879 et 1912. Même si aujourd’hui le développement économique est minime à Iquitos, tout paraît encore possible dans ce « Far West » peuplé majoritairement par les indigènes.

Peu reliée au monde extérieur, Iquitos ne peut compter que sur ses ressources personnelles pour se développer. Il y a bien sûr l’exploitation du bois, mais la ville tire aussi son épingle du jeu grâce au savoir ancestral de ses habitants, une ressource majeure. Chaque année des milliers de touristes venus du monde entier viennent s’intéresser aux potions médicinales d’Amazonie. Le « tourisme chamanique » est partout présent à Iquitos, autour de l’Ayahuasca. Mais seuls les bons chamanes (guérisseurs) maîtrisent vraiment son usage, au terme de décennies d’apprentissage. La croissance des centres d’Ayahuasca en Amazonie répond à une demande internationale de personnes qui cherchent des réponses aux problèmes de santé et aux questions spirituelles qui ne sont pas satisfaits dans leur pays d’origine « développés ». En Amazonie, comme ailleurs, il existe des guérisseurs honnêtes et d’autres moins honnêtes, L’argent est souvent une des principales raisons de la corruption. Sur les nombreux centres qui proposent des cérémonies d’Ayahuasca, seuls quelques uns le font avec authenticité et professionnalisme. Mieux vaut être bien conseillé avant de tenter l’expérience et aussi se souvenir qu’il s’agit d’une médecine puissante, ancrée dans une culture dont nous n’avons pas les « codes ».

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L’Ayahuasca est un médicament !

L’Ayahuasca est l’un des enthéogènes naturels les plus puissants et connu de l’homme pour ses vertus curatives, elle peut guérir de problèmes comme l’alcoolisme, l’addiction aux drogues, les traumas psychologiques, les cancers et tumeurs… Il ne s’agit pas d’une plante mais d’une décoction de deux plantes qui a été utilisé pendant des millénaires par les indigènes d’Amazonie. Elle est aussi appelée « La Purga » et comme son nom l’indique, provoque la purge des problèmes physiques, émotionnelles et spirituelles accumulées dans le corps des patients. Plus de 40 autres noms pour cette médecine sacrée sont connus : Caapi, Natema, Mihi, Yage, etc…
Son utilisation représente la base de la pratique de la médecine traditionnelle pour au moins 75 tribus indigènes d’Amazonie. Toutes sortes de gens de différents horizons, qu’ils soient indigènes de la forêt, chamane, psychologues, thérapeutes, chercheurs spirituels ou ceux qui recherchent des solutions aux problèmes de santé ne considèrent pas cette plante comme un médicament, mais comme un outil unique pour la guérison, l’introspection, la méditation, la thérapie, le nettoyage intérieur, l’auto-exploration ou un sacrement.
Basé sur une série d’enquêtes scientifiques, il a été prouvé que l’effet physiologique de l’Ayahuasca dans le corps humain ne provoque pas de toxicité et ne montre aucun effet secondaire.

Don Luka Ayahuasca


Les gardiens des origines.

Lorsqu’on parle de biodiversité, plus particulièrement de la faune, on oublie une espèce en voie d’extinction : les aborigènes, littéralement les humains des origines (ab origines). Les peuples premiers conservent un habitat et des pratiques traditionnelles. Mais comment font-ils face aux prédateurs ? Si vous pensez aux jaguars et autres fauves, vous vous trompez ! Figurez vous que la plus grande menace des aborigènes est l’homme civilisé !

Quand les Amérindiens ont découvert l’Amérique (environ vingt mille ans avant Christophe Colomb), tous leurs vêtements, leur nourriture, leurs médicaments et leurs abris étaient tirés des forêts. Ces millénaires ont donné aux aborigènes le temps de découvrir et d’apprendre les vertus et les vices des milliers d’espèces comestibles et médicinales de l’Amazonie. 
Plus de 80 % des régimes alimentaire ont été développé à partir du savoir des autochtones sur les fruits comestibles, les légumes et les noix. Sur les quelque 3.000 fruits comestibles trouvés dans la forêt tropicale, seulement 200 sont cultivées pour notre usage aujourd’hui.

excellent

Voici quelques lectures pour comprendre les principes de la culture chamanique en Amazonie :

Le serpent cosmique, l’ADN et les origines du savoir – Jeremy Narby
Conversations autour de l’ayahuasca & de l’iboga – J. Narby, J. Kounen & V. Ravalec
Supernatural : Meetings with the Ancient Teachers of Mankind – Graham Hancock
Food of the Gods: A Radical History of Plants, Drugs, and Human Evolution – Terence McKenna
Ayahuasca: Hallucinogens, Consciousness, and the Spirit of Nature – Ralph Metzner
Sacred Vine of Spirits: Ayahuasca – Ralph Metzner
Human Consciousness and the Spirits of Nature – Ralph Metzner
The Yage Letters – William S Burroughs and Allen Ginsberg
The Green Labyrinth : Exploring the Mysteries of the Amazon – Sylvia Fraser
Three Halves of Ino Moxo : Teachings of the Wizard of the Upper Amazon – César Calvo
Rio Tigre and Beyond : The Amazon Jungle Medicine of Manuel Córdova – Bruce Lamb
Wizard of the Upper Amazon – Bruce Lamb.
Visionary Plant Consciousness: The Shamanic Teachings of the Plant World – J. P. Harpignies
Vegetalismo: Shamanism among the Mestizo Population of the Peruvian Amazon – Luis Eduardo Luna
Ayahuasca Visions – Pablo Amaringo
Ayahuasca Reader: Encounters with the Amazon’s Sacred Vine – Luis Eduardo Luna
The World Is As You Dream It: Shamanic Teachings from the Amazon and Andes – John Perkins
Forest of Visions: Ayahuasca, Amazonian Spirituality, and the Santo Daime Tradition – A. P. de Alverga
Medicine Men, Their Plants and Rituals in the Colombian Amazonia – R. E. Schultes & R. F. Raffauf
The Antipodes of the Mind: Charting the Phenomenology of the Ayahuasca Experience – B. Shannon
DMT: The Spirit Molecule – Rick Strassman
Inner Paths to Outer Space: Journeys to Alien Worlds through Psychedelics – Rick Strassman
Shamanism, Colonialism, and the Wild Man : A Study in Terror and Healing – Michael Taussig
Ayahuasca: The Visionary and Healing Powers of the Vine of the Soul – Joan Parisi Wilcox
The Marriage of the Sun and the MoonAndrew Weil
Rational Mysticism : Spirituality Meets Science in the Search for Enlightenment – John Horgan
Heavenly Highs: Ayahuasca, Kava-Kava, DMT, and Other Plants of the Gods – Peter Stafford
Psychedelic Healing: The Promise of Entheogens for Psychotherapy – Neal M. Goldsmith Ph.D.
A Book of Re-Membering: Lessons in Death and Rebirth with Ayahuasca – B. M. B.
Vanishing Amazon – Mirella Ricciardi
The Four Winds: A Shaman’s Odyssey into the Amazon – Alberto Villoldo
Jaguar that Roams the Mind: An Amazonian Plant Spirit Odyssey – Robert Tindall
Fishers of Men – Adam Elenbaas